mercredi 7 mars 2012

Date à retenir - le 24 avril 2012 - Conférence sur les origines de l'homme



Mes chers amis,

Venez nombreux à une conférence sur les orgines de l'homme, en présence de
spécialistes de renommée internationale, le mardi 24 avril à 18h30 au Centre
Culturel et de la vie associative de Villeurbanne.

Je compte sur vous pour passer le message autour de vous.

Je vous joins le programme de cette soirée.

A l'issue de la conférence, vous assisterez à un spectable "si on marchait" et
suivi d'un vernissage de l'exposition "Les empreintes du temps, de Lucy à
aujourd'hui" autour d'un buffet aux milles saveurs.

L'entrée est libre et gratuite; néanmoins, je vous invite à réserver par mail
pour la conférence.

Merci et à très bientôt

Shoki

« L’islam que j’aime, l’islam qui m’inquiète »

Entretien avec le père Christian Delorme
Curé des paroisses d'Oullins et de Pierre-Bénite
Co-auteur du livre « L’islam que j’aime, l’islam qui m’inquiète » (Editions Bayard).



Pourquoi l’islam fait autant peur à certaines personnes, en France notamment ?
Des bouleversements majeurs se sont produits et continuent de se produire sur la planète. On est passés en quelques années d’un monde musulman colonisé à un monde musulman qui a trouvé les voies de son indépendance dans un grand désordre et, souvent, une grande violence. L’islam radical, politique, qui fait parler de lui tous les jours dans le monde a pris la place, dans la perception des menaces, celle qu’occupait autrefois le communisme. La première défaite infligée à l’Empire soviétique avant sa chute, l’avait d’ailleurs été par les moudjahidines afghans. Le contexte international actuel vient réveiller des mémoires blessées : la principale est celle de la guerre d’Algérie. Cette mémoire douloureuse se transmet, en particulier chez les pieds-noirs toujours pas guéris de l’exode. Et je crois que, chez les catholiques, beaucoup restent imprégnés par les conceptions d’un Charles de Foucauld, qui voit l’islam comme une religion très archaïque.



La violence que l’on constate dans certaines sociétés musulmanes, d’où vient-elle?

Il faut d’abord insister sur le fait que les premières victimes de cette violence, sont d’abord les musulmans eux-mêmes. Cette violence a plusieurs causes : elle vient de la difficulté à construire des nations modernes après des siècles de vie dans le cadre de l’Empire ottoman, ce que l’on constate par exemple en Algérie. Il y a aussi le fait que, pour leur malheur, une grande partie des sociétés musulmanes ont sous leurs pieds les énergies fossiles dont le monde a besoin. Ces régions sont l’enjeu de grands conflits internationaux. Il faut y ajouter la question d’Israël.



Si l’islam fait parfois peur en France, c’est aussi parce qu’il est très visible...
Oui et d’autant plus que ces « barbus » que l’on voit parfois, sont nés dans nos quartiers. C’est déroutant. Pendant plusieurs décennies, nous avions des familles qui ne maîtrisaient pas bien le français mais qui cherchaient à passer inaperçues. Je me souviens de ces mères de familles habillées à l’européenne, en tailleur, qui se faisaient faire des mises en pli chez le coiffeur. Depuis vingt ans ans, on observe un retour à des habits qui marquent une rupture avec le mode de vie occidentale. On se voile au lieu de se dévoiler. On rétablir la séparation stricte entre les sexes. Comment expliquer que des jeunes qui ont bu le lait de l’école laïque, qui ont goûté à la liberté de conscience, s’enferment dans des comportements communautaristes qui sont parfois, mais pas toujours, de vraies ruptures avec la société ? Il y a sans doute un besoin de se trouver une identité valorisante dans une société où ces personnes – plus touchées que la moyenne par le chômage ou déçues du système scolaire et de l’université - ont le sentiment de ne pas trouver leur place. C’est troublant. Et je ne vais pas critiquer les gens qui s’inquiètent de ce repli communautaire. Le problème, c’est quand ils n’arrivent pas à gérer leur inquiétude : on s’enferme alors dans la peur au risque de se laisser aller à la haine.



Pourtant, des imams eux-mêmes vous diront qu’ils n’arrivent plus à discuter, en particulier avec des salafistes.
Oui et non. Les salafites (ou salafistes) sont dangereux quand ils prônent la rupture et maudissent la société présente. Mais il existe toute une catégorie de salafites très pieux, non violents, avec qui l’on discute facilement. Ils vivent un peu comme des évangéliques ou des adventistes du 7e jour ; ils sont dans leur monde à eux mais n’en veulent à personne. Tout un tas de boutiques de sandwicheries halal sont tenues par des salafites qui vous y accueilleront très gentiment. La barbe ne fait pas l’intégriste, le voile non plus. Parfois cela coïncide, mais ce n’est pas toujours le cas. Il y a des « barbus » sans barbe. Il ne faut pas se créer de nouveaux diables, de nouveaux boucs émissaires. D’autant plus que les gens évoluent. J’ai connu des jeunes, salafites ou en voie de l’être, qui ont envoyé promener leur CD et leur walkman il y a dix ans, parce qu’on leur disait « la musique est haram (illicite) ». ça a tenu un an ou deux et puis ils se sont aperçus qu’on leur racontait n’importe quoi. La plupart des salafites seraient incapables de vivre dans un autre pays que la France : ils savent très bien qu’ils auraient beaucoup moins de libertés dans des pays musulmans. Je ne crains pas tellement le salafisme au niveau de sa dimension idéologique. Je crains plus un salafisme du repli, c’est-à-dire des personnes qui, sans être agressives, s’enferment dans la marginalité et se retirent de la société. C’est dommage pour tout le monde. Même si la société française a beaucoup de défauts, cela reste l’une de celles qui offre le plus de possibilités aux individus, si on la compare aux sociétés arabo-musulmanes.



Quand vous rencontrez des personnes qui tiennent des discours agressifs contre les musulmans ou l’islam, que leur dites-vous ?
Ce que je voudrais d’abord dire, c’est que l’islamophobie est un concept qu’il faut manier avec beaucoup de prudence. Elle n’est pas majoritaire en France. Dans la plupart des villes, les gens ont bien accepté que des mosquées soient construites. La plupart des gens vivent bien ensemble. Je ne nie pas qu’il y ait des lieux où la situation est devenue inquiétante, comme en Seine-Saint-Denis, où le fait d’avoir concentré une population d’origine étrangère a créé un ghetto, une sorte de Bantoustan. Mais ce n’est pas, encore une fois, le cas de la majorité des quartiers de France. Pour répondre à votre question, je rappelle toujours que ce qui fait peur à certains dans l’islam (on cite des mots comme « intolérance », « violence », « discrimination contre les femmes »), sont des choses qui font souvent peur aux musulmans, et qu’ils combattent eux-mêmes. Cessons de regarder les musulmans comme un « bloc » hostile : on les fait souffrir à les considérer ainsi, et en les mettant tous dans le même camp, alors qu’il s’agit d’un monde traversé de multiples tendances.




Mais que dites-vous aux personnes qui voient les musulmans comme une menace, en France ?
Depuis vingt ans, les musulmans de France nous ont protégés des risques d’attentats qui n’ont pas manqué de peser sur la société française. Pendant la guerre civile en Algérie, la diaspora algérienne a tout fait pour empêcher que cette violence se propage en France et on doit lui en savoir gré. Les policiers le disent eux-mêmes : des projets d’attentats ont régulièrement été déjoués en France depuis vingt ans. Et comment en ont-ils été informés ? Par des musulmans ! Même chose, lorsque des « fêlés » fréquentent une mosquée : les services de police sont tout de suite au courant. De la même manière, ce sont les familles musulmanes qui nous ont « protégés » de l’héroïne en France – en restant certes impuissantes face au « haschisch ». Dans les années quatre-vingt, il y avait un gros danger de déferlement de l’héroïne. Les mères de famille ont été d’une grande vigilance : elles s’étaient fortement mobilisées à Marseille. Tout cela n’est pas assez mis en avant. Il faut en avoir conscience !

dimanche 4 mars 2012

Les empreintes du temps, de Lucy à aujourd’hui »


les empreintes du temps, de Lucy à aujourd’hui » a pour objectif d’aborder la question des origines de l’homme par le biais de l’archéologie.

Comment sait-on que l’homme existait sur terre il y a des millions d’années ?

L’archéologue  est capable de retrouver et décrypter les traces laissées par l’espèce humaine au court des siècles. Quelles sont ces traces ?

Peintures, ossements, objets.

Présentation de moulages de véritables crânes qui proviennent d’un musée.



Projet réalisé avec le soutien du ministère éthiopien de la culture et le centre européen de recherches préhistoriques de Tautavel.



L’événement se décline à travers différentes étapes :

- une exposition de photos, d’objets et de fossiles, du 24 avril au 4 mai 2012 (vernissage le 24 avril 2012 à 20h)

- une conférence sur les origines de l’homme avec des grands spécialistes le 24 avril 2012 à 18h30

- un travail en amont auprès des jeunes en lien avec des écoles, collèges, lycées et la maison du livre de l’image et du son de Villeurbanne.



Intervenants à la conférence du mardi 24 avril 2012 à 18h30



-       Professeur Henry de Lumley



Né le 14 août 1934, à Marseille. La première partie de ses études est consacrée aux Sciences Naturelles : licence ès sciences naturelles en 1955, diplômes d’études supérieures de sciences saturelles en 1956 et doctorat ès sciences naturelles en 1965.
Homme de terrain, Henry de Lumley est un homme organisé : toujours entre deux conférences ou visitant l'un des nombreux laboratoires qu'il a lancés. Ce n'est pas un homme de télé et ses apparitions sur le petit écran sont rares, il reste relativement peu connu du grand public. Par contre ses travaux sont reconnus à l'international par toute la communauté scientifique : il est une véritable référence pour la Préhistoire en Europe.


Entre 1955 et 1980, il effectue des recherches à Marseille, au Centre National de Recherches Scientifiques (CNRS). Il y est nommé directeur de recherche. Il crée alors une équipe de recherches au sein de l’Université de Provence qui se consacre à l’étude de la géologie du Quaternaire, de la Préhistoire, des hominidés et de leurs environnements. Sous sa direction et durant cette période il organise un grand nombre de fouilles sur des sites devenus depuis célèbres : Terra Amata, la Caune de l’Arago, la grotte du Lazaret… Sur chaque site de fouille il va essayer de promouvoir un Musée pour présenter les éléments découverts sur le site.
En 1980 il est nommé professeur au Muséum National d’Histoire Naturelle à Paris.
Directeur du laboratoire de Préhistoire du Musée de l'Homme.
En 1981 il devient directeur de l’Institut de Paléontologie Humaine (Fondation Albert 1er, Prince de Monaco).
Entre 1994 et 1999 il prend la direction du Muséum National d’Histoire Naturelle à Paris.
Depuis les années 2000, toujours en activité, il supervise plusieurs chantiers à l’international comme celui de Dmanissi (en Géorgie), mais il est également présent dans les laboratoires qu"il a initiés comme à Tautavel ou Terra Amata.



-       Maurice Taïeb



Géologue français, actuellement en poste au laboratoire CEREGE d’Aix-en-Provence. IL était présent au moment de la découverte de Lucy.

Il se souvient de cet instant « « Au centre d’un rectangle de dix mètres sur deux, à ciel ouvert et dégagé par des eaux de ruissellement, des dizaines de côtes et de vertèbres affleuraient, serrées les unes contre les autres, préfigurant le squelette presque complet qui serait ensuite reconstitué par mon collègue américain Donald Johanson. C’était un spectacle très émouvant, inoubliable ».


 

-       Yonas Beyene

Dr. Beyene est archéologue éthiopiens qui a mené le travail de terrain et la recherche en France et en Ethiopie. Il est actuellement chef de l'archéologie et de paléontologie à l'Autorité pour la recherche et la conservation du patrimoine culturel au ministère éthiopien de la Culture et du Tourisme, Addis-Abeba. Dr. Beyene est l'archéologue en chef sur le projet Middle Awash, son accent est mis sur hominidés pierre outil technologique allant de l'actuel à 2 millions d'années. Il est l'auteur de nombreuses publications sur les sites archéologiques en Éthiopie. Dr. Beyene a été un contributeur clé à la récupération et l'analyse de l'archéologie associée à des fossiles Homo sapiens idaltu récupéré dans le Middle Awash en 1997 et publié en 2003.



-       Emmanuel Desclaux (photo)



Né en 1963, Docteur en Préhistoire, Emmanuel Desclaux dirige actuellement le Laboratoire départemental de Préhistoire du Lazaret, à Nice.

Paléontologue de formation, spécialiste des micrommifères, les recherches menées par Emmanuel Desclaux concernent principalement l'évolution des climats, des environnements et de la biodiversité au cours du Quaternaire.

Dans le cadre de collaborations diverses, il a principalement mené de recherches de terrain et de laboratoire concernnant des sites préhistoriques majeurs européens, notamment en France et au Nord du bassin méditerranéen.

Depuis plus de quinze ans, Emmanuel Desclaux consacre également des recherches de terrain et de laboratoire en Ethiopie, dans le bassin de l'Omo-Turkana, dans la région des sites préhistoriques de Fejej.

Parallèlement à ses recherches dans le domaine des sciences préhistoriques, il a initié au cours des dernières années, en collaboration étroite avec les autorités éthiopiennes, des partenaires locaux et la Principauté de Monaco, un projet d'aide humanitaire dans la basse vallée de l'Omo, à l'attention des populations nomades Nyangatom et Dassanetch.

Emmanuel Desclaux développe également depuis quelques mois, un projet d'étude scientifique interdisciplinaire dans la basse vallée de l'Omo dans lequel s'impliquent déjà des hydrogéologues, des ethnographes, des sociologues, des historiens, des géographes et des biologistes. Ce projet à pour objectif de tenter de mieux comprendre  les mutaions et les enjeux auquels cette région, jadis isolée du reste du monde, est désormais confrontée, au sein d'une Ethiopie en plein développement.

Retour sur la découverte de Lucy


Le lieu de la découverte

C’est un véritable cri de joie et d’excitation qui s’échappe, ce matin du dimanche 24 novembre 1974, dans les collines éthiopiennes de Hadar, de la bouche de l’étudiant en paléontologie américain Tom Gray. Alertés, ses collègues de la mission franco-américaine de l’Afar (International Afar Research Expedition) accourent, en prenant soin de ne pas fouler du pied quelque fossile hominidé… et restent bouche bée devant le spectacle qui s’offre à eux.

La suite de l’histoire fait aujourd’hui partie de la légende de la paléontologie humaine. De retour au camp de base de Sidi Hakoma, les chercheurs, les guides et les ouvriers appartenant à l’ethnie Afar fêtent la fabuleuse découverte.

Le champagne coule à la santé de l’hominidé fossile exhumé de sa gangue de terre, et le petit magnétophone du campement joue le célèbre air des Beatles, Lucy in the sky with diamonds. À l’unanimité, la décision est prise de baptiser du nom de Lucy la nouvelle venue dans la famille déjà bien garnie des lointains ancêtres de notre espèce actuelle, Homo sapiens. « C’était surtout beaucoup plus simple à prononcer que le nom savant du genre auquel elle appartenait, Australopithecus ! », raconte Maurice Taïeb.

Qui est donc cette Lucy, qui va remporter un succès médiatique sans précédent, et occuper pendant de nombreuses années la place enviée de grand-mère de l’Humanité. Ce n’est qu’au terme de travaux de datation complexes, et d’analyse de son squelette en comparaison avec d’autres hominidés connus à l’époque, que son âge et son identité précise seront établies.

Ainsi, il faudra attendre plusieurs années, et la mise en évidence d’un marqueur volcanique fiable situé un petit peu au-dessous des sédiments qui contenaient le précieux fossile, pour établir son âge : Lucy évoluait il y a environ 3,2 millions d’années. L’annonce de cette datation fait alors l’effet d’une bombe.

« À l’époque, explique le paléo-anthropologue François Marchal du laboratoire Anthropologie, adaptabilité biologique et culturelle de Marseille, Lucy appartenait tout simplement à l’espèce la plus ancienne de la lignée humaine, et il était logique de la placer, dans l’arbre généalogique des hominidés, c’est-à-dire l’ensemble des formes humaines éteintes ou actuelles, à l’origine de toutes les autres ».

Plus fort encore : Lucy, grâce aux 52 fragments osseux qu’elle a légués, et les autres fossiles exhumés à Hadar vont être à l’origine, quatre années après la découverte, de la création d’une nouvelle espèce d’Australopithèque (terme désignant un ensemble d’hominidés bipèdes africains possédant un cerveau de moins de 500 centimètres cubes et de puissantes mâchoires). En 1978, Donald Johanson, Tim White et Yves Coppens définissent en effet l’espèce Australopithecus afarensis.

Bipède, mais pas en permanence

Sur la base des nombreuses études menées depuis trente ans, la morphologie et l’environnement des afarensis sont désormais bien connues.

Lucy, une femelle de vingt ans environ, mesurant à peine à plus d’un mètre, appartenait à une espèce qui a évolué pendant plusieurs centaines de milliers d’années en Afrique de l’est, de l’actuelle Ethiopie à la Tanzanie, en passant par le Kenya. Les afarensis avaient une capacité crânienne moyenne d’environ 400 centimètres cubes, c’est-à-dire la plus faible de tous les hominidés connus. Ils présentent de nombreux caractères proches des nôtres, leurs mains par exemple étant certainement capables d’une préhension très précise.

Ils possédaient une forme de bipédie, mais qui a du être utilisée par les afarensis en alternance avec le grimper aux arbres. Cette bipédie devait certainement être d’un type éloigné de la nôtre, beaucoup plus chaloupée, avec des balancements latéraux importants. Une démarche qui devait poser certains problèmes à ces hominidés, car elle représentait une dépense énergétique importante, argument plaidant pour la persistance du grimper aux arbres.

Les afarensis ont évolué au cours de leur histoire dans des paysages de savane qui ont subi de nombreuses modifications au fil des temps géologiques, tour à tour plus ou moins boisées ou ouvertes, au gré des changements climatiques.

Est-ce pour s’adapter à ces modifications environnementales que certains Australopithèques ont peu à peu privilégié la bipédie dans leurs stratégies évolutives, en particulier à l’est de la Rift Valley ? Peut-être, mais cette théorie, ne fait pas l’unanimité chez les paléo-anthropologues.

Dans leurs prudentes pérégrinations dans la savane arborée, à la recherche des racines et des tubercules dont ils se nourrissaient, voire de quelques charognes, Lucy et les siens risquaient à tout moment de croiser la route de redoutables carnivores, tels que le machairodus, sorte de tigre aux dents recourbées, ou encore un troupeau de dinotheriums, de la même famille que les éléphants, dont les défenses inférieures lui servent à briser les branchages. Quand ils ne devaient pas, pour atteindre un territoire moins dangereux ou plus verdoyant, traverser à pied un cours d’eau, courant alors le risque de se noyer… C’est d’ailleurs vraisemblablement de cette façon que Lucy a perdu la vie, il y a quelque 3,2 millions d’années, comme semblent l’indiquer la position de son squelette et la nature des sédiments dans lesquels elle a été retrouvée.

Longtemps star incontestée des hominidés fossiles, qu’est devenue Lucy trente ans après sa découverte ? Sans vouloir lui faire injure, il faut bien reconnaître qu’elle a dû redescendre, depuis, de son piédestal.

Tout d’abord, elle a dû céder la place à plusieurs autres candidats au titre envié de plus ancien ancêtre de la lignée humaine. C’est par exemple le cas d’Orrorin tugenensis, fossile vieux de 6 millions d’années découvert au Kenya, et dont le fémur rectiligne prouve qu’il marchait bien plus droit que Lucy…

Autre prétendant, l’Ethiopien Ardipithecus kadabba, 5,7 millions d’années au compteur et une taille de plus d’un mètre, mais rapproché par certains chercheurs de la lignée des grands singes.

Quant à Toumaï, ou Sahelanthropus tchadensis, exhumé en 2001 au Tchad, il suscite de nombreuses controverses, avec ses caractères à la fois pré-humains et simiens, et son âge de 7 millions d’années…

Pire encore pour Lucy, la liste de ses « contemporains », c’est à dire des hominidés se situant dans les mêmes fourchettes temporelles, s’est également allongée. Entre 4,2 et 1 million d’années, ce sont ainsi neuf espèces, réparties en trois genres, qui apparaissent et disparaissent, de la Tanzanie au Tchad, en passant par le Kenya et l’Afrique du Sud.

Il s’agit de cinq Australopithèques (anamensis, afarensis, africanus, bahrelghazali et garhi), genre dont le premier représentant fossile a été découvert en 1924 en Afrique du sud, et trois Paranthropes (aethiopicus, boisei et robustus), parfois appelés Australopithèques robustes, caractérisés par la robustesse de l’appareil masticatoire et du crâne… Kenyanthropus platyops, découvert en 1999, complète le tableau.

Et une majorité de paléoanthropologues s’accorde aujourd’hui pour reconnaître que les afarensis ne sont pas les meilleurs candidats au titre d’ancêtres des premiers Homo : les Homo habilis et rudolfensis, qui apparaissent en Afrique de l’est et du sud il y a 2,5 millions d’années.

Un modèle d’étude incomparable

Pour autant, le petit bout de femme exhumé des collines de l’Afar occupe toujours une place à part dans l’histoire de la discipline.

 « Par la quantité et la qualité des restes, puisque près de 500 restes attribués à afarensis ont été découverts à Hadar au fil des missions, cette espèce est devenue un modèle d’étude incomparable, offrant la possibilité d’éclaircir des questions comme la variabilité entre individus, les différences morphologiques entre mâles et femelles, ou la locomotion, témoigne François Marchal. Ce travail est toujours en cours ».

Aujourd’hui, Lucy et les siens reposent dans un coffre-fort d’Addis Ababa, la capitale éthiopienne, soigneusement gardés à l’abri des regards du public. Les scientifiques y ont accès, lorsque leurs études nécessitent de travailler sur les originaux, et non pas sur les nombreux moulages disséminés dans les laboratoires et les musées du monde entier. Par leurs travaux, ils tentent de percer, grâce à Lucy, le mystère persistant de nos origines, quelque part en Afrique de l’Est.


lundi 9 janvier 2012

Un Noël éthiopien traditionnel célébré autour d’un brasero

Axée sur le développement et la coopération, l’association France-Éthiopie Corne de l’Afrique a fêté Noël samedi au Centre culturel et de la vie ...

http://www.leprogres.fr/rhone/2012/01/09/un-noel-ethiopien-traditionnel-celebre-autour-d-un-brasero

jeudi 5 janvier 2012

Coopération avec l’Ethiopie : un puits a été inauguré officiellement à Dire Dawa

http://www.leprogres.fr/rhone/2012/01/05/cooperation-avec-l-ethiopie-un-puits-a-ete-inaugure-officiellement-a-dire-dawa#commentaires

Coopération avec l’Ethiopie : un puits a été inauguré officiellement à Dire Dawa

Le projet de puits d'alimentation en eau potable initié par France Ethiopie Corne de l'Afrique est devenu réalité. D'autres actions sont en cours


Le Progrès de Lyon



mardi 27 décembre 2011

L'Afrique des paradis naturels

L'Afrique des paradis naturels

Déserts, sommets enneigés, hautes plaines verdoyantes, canyons escarpés, régions volcaniques : l'Éthiopie est un pays d'extrêmes où la biodiversité reste préservée. Dans le massif du Simien, aujourd'hui parc naturel, de nombreuses espèces prospèrent comme le bouquetin walia, le loup d'Abyssinie, le nyala de montagne et le babouin gelada.
videos.arte.tv

lundi 26 décembre 2011

Date à retenir : le samedi 7 janvier 2012

Chers Amis,

L’association France Ethiopie Corne de l’Afrique, en partenariat avec le
Restaurant Ethiopien Le Walya, organise le samedi 7 janvier 2012 à 7 janvier
2012
Villeurbanne la fête de Noël Ethiopien.

Venez manger un vrai repas éthiopien, préparé par une cuisinière exceptionnelle.

Nous aurons le plaisir d'accueillir Monsieur l'Ambassadeur d'Ethiopie en France,
Mr Teshoma Toga, avec sa famille.

Vous trouverez en pièce jointe toutes les informations pour cette belle journée
à venir.

Retenez bien cette date, diffusez la très largement autour de vous et j’espère
vous y retrouver.

Merci

Shoki ALI SAID
Président de l’Association France Ethiopie Corne de l’Afrique
58 rue Docteur Ollier
69100 Villeurbanne
06 60 57 66 22
http://www:france-ethiopie.com
francethiop@free.fr